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De l’optimisme

16 août 2021 - Editoriaux

« Le prophète n’est pas sans honneur, sauf s’il est pessimiste. Les prophéties inspirées d’Isaïe ont fait beaucoup plus pour restaurer chez eux les exilés d’Israël que n’ont fait les lamentations de Jérémie pour les délivrer des mains des malfaiteurs.

Est-ce que les hommes se souviennent même le jour de Noël que le Christ est venu comme un prophète du bien ? Son optimisme joyeux est comme l’eau sur les lèvres fiévreuses et atteint sa plus haute expression dans les huit béatitudes. C’est parce que le Christ est un optimiste qu’il a dominé à travers les âges le monde occidental. Pendant dix-neuf siècles la Chrétienté a contemplé son visage radieux et senti que toutes les choses œuvrent ensemble pour le bien. Saint Paul aussi enseignait la foi qui regarde au-delà des choses les plus difficiles, dans l’horizon infini du paradis où toutes les limitations s’évanouissent à la lumière d’une compréhension parfaite. Si tu es né aveugle, cherche les trésors du noir. Ils sont plus précieux que l’or d’Ophir. Ils sont amour, bonté, vérité et espoir et leur prix est au-dessus de celui des rubis et saphirs.

Jésus prononce et Paul proclame un message de paix et de raison, une croyance dans l’idée et non pas dans les choses ; dans l’amour et non pas dans la conquête. L’optimiste est celui qui voit que l’action des hommes n’est pas dirigée par les escadrons et les armées mais par un pouvoir moral, que les conquêtes d’Alexandre et de Napoléon sont moins respectueuses que la silencieuse maîtrise du monde de Newton, Galilée et Saint Augustin. Les idées sont plus puissantes que le feu et l’épée. Sans bruit elles se propagent de terre en terre et l’humanité sort et récolte une riche moisson et remercie Dieu ; mais les réalisations du guerrier sont comme sa citée de canevas : « Aujourd’hui un camp, demain tout est attaqué et s’est évanoui, quelques fosses et des tas de paille. » C’était les paroles de Jésus il y a deux milles ans. Noël est le festival de l’optimisme.

Bien qu’il reste toujours de grands maux qui ne soient pas apaisés, l’optimiste n’y est pas aveugle et il est néanmoins plein d’espoir. Le découragement n’a pas de place dans sa croyance parce qu’il croit dans l’impérissable justesse de Dieu et la dignité de l’homme. L’histoire enregistre l’ascendance triomphante de l’homme. Chaque halte dans son progrès n’est qu’une pause précédant un puissant bond en avant. Le temps n’est pas sans joints. Si certains de nos lieux du culte sont tombés nous en avons bâtis de nouveaux sur ces sites sacrés, plus hauts et plus saints que ceux qui se sont effondrés. Si nous avons perdu certaines des qualités physiques héroïques de nos ancêtres, nous les avons remplacées par une noblesse spirituelle qui met de côté la colère et nous lie aux blessures des vaincus. Toutes les réalisations passées de l’homme sont les nôtres ; et en plus, ses rêvasseries sont devenues nos claires réalités. Ici réside notre espoir et notre foi sûre.

Alors que je me trouve sous le soleil d’un optimisme sincère et honnête, mon imagination « peint des triomphes encore plus glorieux sur le volet nuageux du futur ». De la lutte féroce et du bouleversement des systèmes et des pouvoirs en lutte je vois lentement émerger une ère spirituelle encore plus brillante – une ère dans laquelle il n’y aurait ni Angleterre, ni France, ni Allemagne, ni Amériques, ni tel ou tel peuple, mais une famille : la race humaine ; une loi : la paix ; un besoin : l’harmonie ; un moyen : le travail ; un maître d’œuvre : Dieu.

Si je devais essayer de réciter à nouveau le credo de l’optimiste, je dirais quelque chose comme ceci : « Je crois en Dieu, je crois en l’homme, je crois au pouvoir de l’esprit. Je crois qu’il est un devoir sacré de s’encourager soi-même et les autres ; de se garder de proférer toute parole malheureuse contre le monde de Dieu, parce qu’aucun homme n’a le droit de se plaindre d’un univers que Dieu a fait bon et que des milliers d’homme se sont efforcés de garder bon. Je crois que nous devons agir pour nous approcher du temps où aucun homme ne vivra à son aise à côté d’un autre qui souffre. » Tels sont les articles de ma foi, et il y en a encore un autre dont tout dépend : porter sa foi au-dessus de chaque tempête qui l’inonde et en faire un principe dans le désastre et l’affliction. L’optimisme est l’harmonie entre l’esprit de l’homme et celui de Dieu déclarant son travail comme bon. »

Helen Keller (1880-1968)

 

« Mais que personne ne méprise l’optimisme en tant que volonté d’avenir, même s’il se trompe cent fois ; Il est la santé vitale qu’il faut préserver de toute contagion. Certains pensent qu’il n’est pas sérieux, et d’autres qu’il n’est pas chrétien, d’espérer un avenir terrestre meilleur et de s’y préparer. Ils voient dans le chaos, le désordre et la catastrophe le sens des événements actuels.  Ils échappent,  – dans la résignation ou dans une fuite pieuse hors du monde,  – à la responsabilité de construire la vie future pour les générations à venir. Si le jugement dernier est pour demain, nous cesserons le travail pour un avenir meilleur, mais pas avant. »

Dietrich Bonhoeffer (1906 – 1945)

 

Nous reposer et nous émerveiller.

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la joie simple et vraie

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et entre amis,

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Donne-nous la grâce

de savoir te prier

en contemplant le bleu du ciel,

la pluie qui ruisselle,

la fraîcheur d’une source ou d’un lac,

et la montagne aux multiples facettes.

Apprends-nous à savoir nous reposer

et nous émerveiller.

Donne-nous la joie d’écouter le silence

et de nourrir pour tout être un sentiment de fraternelle humanité.

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