19 bis rue Thabaud Boislareine, 36000 Châteauroux

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Qui sommes-nous ?

Une paroisse protestante classique et ouverte !

L’Eglise Protestante Unie d’Indre et Creuse est une des paroisses de l’ Eglise Protestante Unie de France (EPUdF), constituée de l’union des Eglises Luthérienne et Réformée en France.

L’EPUdF représente le courant historique de la Réforme qui remonte au XVIe siècle.

Le Protestantisme a une longue tradition d’ouverture et une approche qui se veut centrée sur la Bible tout en en faisant une lecture critique et intelligente pour replacer les textes dans leurs contextes.

En France, il a été interdit pendant plus d’un siècle, cela fait qu’aujourd’hui les lieux de culte protestants sont historiquement beaucoup moins nombreux que ceux catholiques dans notre pays. Mais il représente une manière de vivre sa foi dans la liberté et la responsabilité, en cohérence avec le monde moderne qui attire beaucoup de gens.

Nous accueillons tout le monde, protestant ou non, baptisé ou non, sans question. On peut donc venir au culte ou à chaque activité sans condition d’appartenance, et sans qu’il soit demandé ensuite de se dire protestant. Chacun peut faire un bout de chemin, avec nous, ou juste venir par curiosité, avec joie !

Le Temple Protestant de Châteauroux au début du XXème. siècle :

 

L’histoire de la paroisse d’Indre et Creuse et du Temple de Châteauroux

 

La pratique du culte protestant dans l’Indre, comme partout en France au XIXe siècle, est étroitement réglementée et surveillée par les préfectures. Après plusieurs demandes, les protestants obtiennent en 1867 une autorisation de pratiquer le culte, qui leur avait été préalablement refusée en raison de leur trop petit nombre. S’ensuivent de premières démarches pour obtenir l’autorisation d’acquérir un terrain destiné à la construction du temple réformé de Châteauroux, entreprises en 1873, grâce aux fonds légués par Pierre Clérault, capitaine en retraite castelroussin.

Le terrain envisagé dans un premier temps se trouve rue Saint-Luc (aujoud’hui, rue Roger Cazala), à une centaine de mètres de l’église Saint-André. L’emplacement donne cependant lieu à débats et protestations. Pour beaucoup, implanter un temple protestant si près d’une église catholique risque de gêner l’exercice des deux cultes, de créer des conflits, voire d’influencer la foi des catholiques, contraints à passer devant le temple sur le chemin vers l’office… « Quant à la seconde objection, je ne ferai pas aux catholiques de Châteauroux l’injure d’y répondre, ce serait trop douter de la solidité de leur foi », rétorque S. Stichter, membre du conseil presbytéral de Mehun-sur-Yèvre, dans un mémoire de 1873 adressé à la préfecture de l’Indre.

Forte de 67 fidèles à cette date, la communauté protestante obtient gain de cause l’année suivante, mais entre temps le projet a été modifié et le décret du 10 juin 1874 leur octroie la possibilité d’acheter une maison rue Saint-Jacques (aujourd’hui, rue Thabaud Boislareine). De nombreux travaux sont alors à prévoir pour rendre la maison appropriée à accueillir le culte, et ceux-ci sont confiés à l’architecte départemental Alfred Dauvergne. Avec l’achat en 1877 de « deux petites maisons sises rue Porte-Thibault » pour l’aménagement d’un presbytère, l’implantation dans le quartier se poursuit et dessine les traits du temple tel qu’il existe aujourd’hui.

Le décret de 1867 :

Le plan d’implantation du Temple Protestant de Châteauroux, en 1877 :

L’intérieur du Temple Protestant de Châteauroux au début du XXème. siècle :

Noël 1918 ; une célébration particulièrement émouvante avec des soldats américains, avant leur retour aux Etats-Unis :

L’intérieur actuel du Temple Protestant :

L’extérieur du Temple Protestant au milieu des années 2010 :

 

Et avant ? Histoire du Protestantisme en Berry

 

Marguerite d’Angoulême, qui devint duchesse de Berry en 1517, est pour beaucoup dans la diffusion des idées nouvelles. Des prédications luthériennes se déroulent à Bourges dès 1523-1525.

En 1529-30, Calvin étudie à Bourges.

En 1535 Jean Michel, un théologien, prêche la réforme à Bourges, Sancerre et Issoudun puis il émigre à Genève, il revient en Berry en 1539, pris il est brûlé vif. D’autres suivront …

De 1549 à 1560, 108 personnes faisant majoritairement partie de l’élite émigrent à Genève. A cette époque, environ la moitié de la noblesse du Berry est protestante et quinze sites protestants sont implantés en Berry. Les premiers temples apparaissent à Bourges, Aubigny (1556) Sancerre, St Amand, La Châtre (1559).

Claude de La Châtre, chef des troupes catholiques, est nommé gouverneur du Berry de 1569 à 1588. Il mène de nombreuses batailles contre les protestants dans lesquelles se mêlent les aspects religieux et féodaux.

Avec l’Edit de Nantes, les protestants obtiennent les villes de Sancerre et Argenton.

Le Grand Condé, protestant, se convertit au catholicisme et devient un ultra. Il est nommé gouverneur du Berry en 1619 et luttera contre les protestants. En 1682, les protestants ne sont plus que 5000 dans tout le Berry, dont 2200 à Sancerre.

Dans le Bas-Berry :

Outre les foyers haut-berrichons de Sancerre et Asnières les Bourges, il existait en Bas-Berry (Indre actuelle) une communauté importante à Issoudun, un foyer secondaire à Argenton sur Creuse, et des noyaux diffus à La Châtre (qui a un temple dès 1559), Bélâbre, Buzançais et Châtillon sur Indre.

Dès avant l’Edit de Nantes (1598) des persécutions sont perpétrées à  l’égard des protestants à Issoudun, au Blanc, à Châteauroux à Argenton. Entre 1560 et 1565, les chefs protestants s’exilent à Genève, le culte devient clandestin.

En 1614, Condé, chef du parti catholique achète La Châtre. Les Capucins s’installent en 1617 et l’ordre de la Visitation en 1640. Celui-ci comporte un pensionnat. Le temple est supprimé, le culte protestant devient privé.

En 1673, des pressions sont exercées sur les réformés pour les marginaliser.

En 1684, Argenton compte 153 protestants. Ils appartiennent essentiellement à l’élite de la cité (avocats, procureur, médecin, perruquier …).

En 1685, les temples de Sancerre et de Lignières sont rasés, celui d’Argenton est rasé en 1686 et une croix est édifiée à la place. Après la révocation de l’Edit de Nantes, le culte se poursuit de façon clandestine.

Lors de la révocation de l’Edit de Nantes on assiste à des abjurations massives. 650 protestants abjurent leur religion. Simultanément, on mentionne la présence des  Dragons dans la région.

En 1698, la religion réformée remet ses armes. Il reste à cette date 8 foyers à La Châtre mais on observe que des liens demeurent entre les familles auparavant protestantes, ce qui peut signifier que le culte se poursuit de façon clandestine.

En 1787, lors de l’édit de tolérance de Louis XVI, pour l’ensemble du Berry, on compte 1000 protestants. Un recensement sous l’Empire ne mentionne plus la présence de protestants en Berry.

A la faveur de la migration d’Alsaciens et de Lorrains après la guerre de 1870, un temple protestant est installé à Châteauroux.

Entre 1940-42, suite à l’exode de familles alsaciennes protestantes, un temple fonctionne provisoirement à La Châtre.

 

Et en Limousin, et en Creuse ?

 

Au XVIème. siècle, les Protestants rencontrent une forte résistance dans les villes et les campagne. Les réformés minoritaires doivent quitter Limoges et se réfugier à Confolens et à Uzerches.

Même après l’Édit de Nantes il fallut attendre 1630 pour que Limoges ait un pasteur. Des églises protestantes se créent en Corrèze à Beaulieu-sur-Dordogne, Argentat et Turenne, fief des La Tour d’Auvergne, ralliés pour un temps à la Réforme. Eustorg de Beaulieu y est prédicant avant de s’exiler à Genève.

Le huguenot Colin Noylier, émailleur limousin, auteur des plaques émaillées de style grisaille illustrant le « Notre Père » de Pierre Bourguet, est l’ancêtre d’une dynastie d’émailleurs limousins qui se perpétuera jusqu’au XVIIIe siècle :

Après la Révocation, le pasteur de Turenne revient de Hollande, où il s’était exilé, pour prêcher clandestinement en France pendant six ans.

À la Révolution, le nombre de protestants limousins est infime.

Ce n’est que dans la seconde moitié du XIXe siècle que le protestantisme renaît en Haute-Vienne à Limoges, Villefavard et Madranges ainsi qu’en Creuse où sa présence reste toutefois très éparse mais néanmoins bien vivante.

 

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